COUR DES MIRACLES ET ROTURIERS

COUR DES MIRACLES ET ROTURIERS

Toutes les époques ont aussi une catégorie d’individus peu recommandables, ou tout simplement malheureux, qui trouvaient refuge et une relative protection auprès de bandes organisées en des repaires que Victor Hugo appellera ‘ Cour des miracles’.

Ces lieux, mal famés, étaient dirigées par un ‘ roi des Truands ou grand Coësre’ siégeant là où nul n’osait s’aventurer.

Jetons un regard sur cette jungle très bien organisée, dans laquelle on trouvait les :

Fileurs ou fileux : Individus qui filaient les voleurs n’appartenant pas à la bande et les menaçaient de dénonciation s’ils ne leur versaient pas une part du butin.

Malingreux : qui présentaient des fausses plaies destinées à apitoyer les honnêtes gens.

Callots : affichaient les symptômes de la teigne.

Sabouleux : faux épileptiques.

Piètres : faux estropiés.

– Hubins : Faussement atteints de rage.

Coquillards : faux pèlerins, référence à la coquille des pèlerins de St. Jacques de Compostelle.

Rifodés : faux brûlés.

Courtauds de Boutanche : Chômeurs.

Drilles : allusion incertaine aux soldats qui faisaient l’aumône l’épée à la main.

Narquois et gens de la petite flambe : Qui se faisaient passer pour des soldats blessés ou des gens de qualité ruinés ou dévalisés. On les appelait aussi Gens de la courte épée, en raison du ciseau qu’ils utilisaient pour couper les bourses.

– Larrons : Ce titre était donné aux voleurs qui se montraient particulièrement adroits.

Coupe-jarret : Ce mot, qui par la suite eut tendance à désigner tous les truands, aurait pour origine les bandits qui coupaient les jarrets des chevaux pour faire tomber le cavalier.

Truands : Désigne tout individu de la pègre. A l’origine le mot viendrait du celte Tryan qui désignait un vagabond se livrant à la mendicité.

– Ribauds , terme devenu générique mais qui, à l’origine désignait les individus qui suivaient les armées pour participer aux pillages.

Tous ces individus des deux sexes, parlaient bien évidemment leur propre langue, ancêtre de l’argot moderne.

André Trabet

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